Petits en Namibie

[retour quelques semaines en arrière]

La fin est proche ou la fin du voyage approche plutôt et les choses commencent à changer ! Plus aucune case à l’horizon, la vie se concentre en ville et les supermarchés ont définitivement remplacé l’économie informelle qui régnait depuis le Maroc. Là où nous rencontrions du monde à chaque croisement et même au milieu de nulle part, nous sommes désormais seul-e-s pendant plusieurs jours. Il faut dire que pour 2 millions d’habitants le pays s’étale sur une superficie regroupant la France et l’Italie. Ajoutez un climat semi-aride et un relief montagneux vous obtenez ce fameux – et merveilleux – sentiment de grands espaces ! En gros : on ne vient pas en Namibie pour rencontrer sa population, on y vient pour ressentir cet espace. Pour se sentir tout petit au milieux des éléments, des parcs nationaux et des réserves qui s’enchaînent. La nature est mise sous cloche ? Pas que ! Et puis, en bonus plusieurs « parcs » sont interdits d’accès au public et réservés à l’exploitation de diamants, d’uranium et autres friandises enfouies. Les mines sont bien à l’abri !!

Notre (petit) trajet namibien 

Nous sommes entrés, à vélo, en Namibie à Mamuno et nous sommes sortis, à vélo, à Noordoewer. Entre temps, par contre, tout ne s’est pas passé à vélo !

Avec nos montures d’hirondelles, nous avons rejoint Windhoek en passant par la capitale mondiale de la viande (Gobabis), rien que ça ! Sur cette route, à proximité de Seeis, nous avons vécu un de nos plus beaux couchers de soleil de tous les temps ! De notre bivouac, nous avions une vue à 360 degrés, sur le haut d’une petite colline. D’un côté, des couleurs chaudes, voire brûlantes par moments. Et de l’autre, des bleus et des roses froids même glacials. Le tout sublimé par un moment merveilleux à vivre : passer 1h à enlever des épines du sol pour sécuriser un périmètre ou planter notre tente !! Résultat des courses, nous avons mangé de nuit, percé un matelas, mais nous avions toujours ces couleurs dans les yeux et nous passions au dessus de ces galères. En tout cas, ce soir là, le soleil nous a aidé à relativiser.
Sur ce trajet jusqu’à la capitale (la vraie, pas celle de la viande), il nous est rapidement apparu compliqué de garder notre fonctionnement bivouac/visites à proximité de notre itinéraire. D’une part, seuls les axes principaux sont goudronnés. De plus, il existe un seul axe nord/sud au milieu du pays et les routes pour la côte (est/ouest) doivent donc être empruntées en aller/retour sur plusieurs centaines de kilomètres. Et puis, pour planter la tente, il a fallu redoubler d’attention pour trouver des brèches dans les clôtures barbelées qui entourent les routes sur la totalité de notre trajet.
C’est ainsi qu’en arrivant à Windhoek (mention speciale à l’Urban Camp et au resto le Joe’s beer house) nous avons posé les vélos une semaine pour louer une petite Polo. Cela nous a permis d’avaler de la piste sans autre difficulté que de serrer les fesses pour la franchise, de visiter plusieurs parcs, d’aller dans le désert, de voir l’océan et tout et tout ! Nous aussi nous voulions nous sentir petits, tout petits dans ce vaste pays.

En une semaine nous avons parcouru 1387 kms (la location nous en permettait 1400, celles et ceux qui connaissent la passion d’Alex pour arriver à destination sur le bout de la réserve d’essence peuvent imaginer combien il s’est éclaté avec ce petit chalenge au fil du rasoir). Depuis Windhoek, nous avons rejoint Spitzkoppe et ses énormes cailloux. Il y a de très belles balades à y faire (en revanche, il n’est pas indispensable de prendre le walking tour, c’est 30 minutes pour voir un serpent sur un mur et le tout en voiture comme son nom ne l’indique pas). Les emplacements de camping foisonnent partout dans la réserve, espacés de plusieurs kilomètres et les douches sont à l’accueil. Cette organisation joue pour beaucoup dans l’impression d’immensité, on a adoré.
De là, nous avons rejoint Swakopmund où nous avons trouvé un restaurant de poisson en centre ville, The fish deli (mortel ! ) et plein de « cafés de bobos » comme à Paris (plus vu depuis l’Espagne !), puis Walvis bay et ses flamands roses so photogéniques.
Ensuite, nous avons emprunté la C14 jusqu’à Solitaire (route nationale donc si vous ne vous arrêtez pas dans les « attractions », pas la peine de payer les deux permis des parcs traversés) et enfin Solsulvei et son désert rouge (180N$)… Des marches possibles à l’infini dans cette infinité de sable ! Le sable du Sahara nous a semblé un peu fade dans nos souvenirs tellement le désert namibien est brûlant, immense, merveilleux et colorés.
Enfin, nous avons rejoint le Parc Naukluftt pour deux jours. Deux randonnées fléchées sont proposées (une de 4h et une de 7h) dans des paysages montagneux. Là encore des montagnes à perte de vue. Avant d’y arriver, nous avons fait un détour de 14 kms (à mettre en face du décompte kilométrique décrit plus haut !) pour un des trois vignobles namibiens situés à proximité du parc et c’était bien au-dessus de notre rythme de vie. En mode ambiance Château du Bordelais où on te prend de haut avec ta mini polo. Alors à tester uniquement si vous avez un gros 4*4 bien propre 🙂

Pour une semaine, cette boucle était parfaite : deux nuits dans chaque endroit pour ne pas courir, il ne faut pas aller plus loin pour ce temps là, sinon le temps sur la route deviendrait pesant selon nous. Et pas la peine d’un 4 roues motrices, les pistes sont en très très bon état.

Et après ?

Et même si les vacances ça passe toujours trop vite, c’est avec bon cœur que nous sommes remontés chercher nos petits vélos et rendre la petite polo (Avis, peu regardant sur le retour, ouf !). Il faut dire que nous avons rendez vous avec des copains et copines au Cap, alors les troupes sont motivées. Et tant pis si nous sentons que notre route commence à toucher à sont but. Cela nous ravit et nous attriste en même temps ! On dirait que le bouton « ralenti » de nos vies est en passe de se désactiver. Mais nous nous y accrochons encore.

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