Ce que pédalez au Bostwana veut dire 

Nous avons traversé le Botswana par une diagonale Nord/Ouest, de Shakawe (frontière avec la Namibie) à Mamuno (frontière avec la Namibie). C’est d’ailleurs une fois en Zambie que nous nous sommes aperçus que la Namibie revenait aussi loin à l’est. Au Botswana, nous sommes donc passés par le Delta de l’Okavango, puis nous avons longé le Kalahari desert. Et sur ces longues routes, nous nous sommes dit que pédaler ici voulait dire beaucoup de choses.

Pédaler au Botswana, ça veut dire que nous pouvons discuter toute la journée. En effet, les routes sont quasi désertes (une moyenne de 20 véhicules par heure, selon les comptages de la team Dasilviard) et le goudron est impeccable. Nous pouvons donc rouler l’un à côté de l’autre et papoter tranquillement. Et puis quand nous n’avons plus rien à nous dire et bien l’un ou l’autre se remet devant !

Pédaler au Botswana, ça veut dire que nous tentons de suivre les vents dominants ! Ce n’est pas une réussite à 100 % : nous avons eu le vent de 3/4 face jusqu’à Sethiwa et ensuite 3/4 dos (majoritairement, mais avec des heures entières où il revenait plutôt en face). Si tu nous lis, merci Éole de nous rappeler ton existence, mais tu peux nous laisser désormais.

Pédaler au Botswana, ça nous rappelle que nous ne savons que reconnaître les rouges-gorges, les mésanges, les vautours, les aigles mangeurs de serpents et les perroquets gris du Gabon. Et pour cause, nous voyons plus d’espèces d’oiseaux que jamais, ils sont beaux, colorés et différents. Nous nous consolons en reconnaissant « Zazou » (qui n’a pas vu Le Roi Lion ?) plusieurs fois par jour ! Il a d’ailleurs un vol assez marrant qui consiste à donner un coup d’aile, puis à planer quelques secondes avant de perdre deux mètres de hauteur et de recommencer.

Pédaler au Botswana, ça veut dire notre première traversée d’Autruches (sauvages ?) devant vélo. Situation reproduite à deux reprises ! (Et pour sa partie Nord, ça voulait aussi dire croiser des Éléphants).

Pédaler au Botswana, ça signe la fin des courses en vrac avec le retour écrasant des supermarchés, de leurs emballages et sur-emballages en plastique.

Pédaler au Botswana, c’est acheter de la (bonne) viande moins chère que des (mauvais) légumes. Vous pouvez donc constater que pédaler au Botswana, ça veut dire que les hirondelles continuent à réfléchir aux brindilles qu’elles consomment !

Pédaler au Botswana, ça veut dire des bivouacs d’une facilité enfantine. Les villes sont très espacées (200 km) et entre deux villes il n’existe que quelques amas de maison (encore moins qu’en Zambie), alors il suffit de jeter son dévolu sur une arbre pour se cacher de la route et de planter la tente.

Pédaler au Botswana, c’est avoir l’impression que la terre est plate. Nous avons beau nous forcer au maximum, nos yeux ne sont pas assez puissants pour voir jusqu’au bout de l’horizon dont nous disposons. Ce pays est d’un plat que nous avons même du mal à imaginer. Il s’agit de la seule difficulté pour les bivouacs, c’est tellement plat qu’il faut soit beaucoup s’éloigner de la route soit tomber sur de la végétation dense, impossible de compter sur un relief pour se cacher de la route !

Pédaler au Botswana, c’est pouvoir lire un livre avec simplement la pleine lune comme « frontale ».

Pédaler au Botswana, c’est voyager sur les roseaux à bord d’un mokoro. Magique et merveilleux.

Pédaler au Botswana, c’est passer notre temps à s’enlever des épines. Ce pays est-il exclusivement recouvert d’épineux de toutes sortes ? Cela dit, nous avons au moins appris qu’il n’existe pas que l’acacia qui pique ! Et par contre aucune crevaison (du fait d’épines) à déclarer. C’est que nous n’avons pas ménagé nos efforts : après chaque immersion dans le bush, nous inspections tous nos pneus avant de reprendre la route et nous enlevions des épines presque systématiquement !

Pédaler au Botswana, c’est goûter à nouveau au plaisir de pousser les vélos dans le sable. Un bonheur.

Pédaler au Botswana, c’est avoir l’impression qu’il existe une « Afrique blanche ». Nous croisons plus de 4*4 équipés conduites par des blancs ou des bus de touristes blanc que des véhicules conduits par des noirs.

Pédaler au Botswana, c’est vivre une étrange expérience au camping. Nous sympathisons avec un couple de retraités. Plus tard, l’épouse nous demande si nous mangeons de l’agneau, nous répondons par la positive, elle nous dit que le repas sera prêt à 18h. Nous acceptons. Mais qu’elle ne fut pas notre surprise quand nous avons vu arriver un plateau avec le plat d’agneau accompagné de riz (et même des goyaves dans de la crème fraîche pour le dessert). Nous avons donc mangé le même repas qu’eux, préparé par leurs soins, mais chacun devant notre tente !! Le partage des repas est-il vraiment trop français ?!

 

 

Pédaler au Bostwana, c’est rencontrer Dudu, Vincent, Alex et de nombreux autres dont nous n’arrivons pas à retenir les prénoms (pourquoi nos cerveaux n’enregistrent que les prénoms que nous connaissons déjà ? Quelqu’un-e a la réponse ?) !

Pédaler au Bostwana, cela signifie que nous sommes quasiment en Afrique du Sud…

 

3 thoughts on “Ce que pédalez au Bostwana veut dire 

  • valente 19 août 2017 at 18 h 01 min Reply

    Très beau blog les récits sont bien racontés et les photos magnifiques votre expérience pourrait intéresser plus d’un !

  • valente 21 août 2017 at 13 h 51 min Reply

    Bravo les hirondelles bon courage la ligne d’arrivée approche !

  • Catherine 23 août 2017 at 19 h 52 min Reply

    Merci à tous les deux pour ce petit moment de poésie.

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