Tu vas (te) casquer

Nous aurions pu appeler cet article « Pour ou contre le port systématique du casque lors d’un voyage en vélo ?  » ou même « De la sécurité en voyage à vélo« , mais avouez que c’est moins swag non ? Et puis il s’avère que nous avons commencé à écrire cet article suite à une histoire d’amende, le titre avait alors tout son double sens.

L’anecdote

Revenons donc sur cette histoire. Nous étions en Guinée-Conakry, Afrique de l’Ouest (où chaque pays a au moins un point commun : les officiels tentent toujours leur chance pour gonfler leurs poches). Nous sortons de la ville de Labé, il doit être environ 9h, nous terminons une bonne montée et  en apercevons une autre au loin. Nous arrivons à un contrôle de police (assez fréquent), nous nous arrêtons et le gars nous demande où sont nos casques. Nous lui montrons les casques accrochés derrières nos vélos en expliquant que nous arrivons de Paris et que nous ne nous habituons pas encore aux températures ! Généralement, nous embrayons sur la discussion classique des pays traversés, nous répétons (et nous insistons!)que nous avons fait tout le trajet en vélo sauf pour la Méditerranée (blague du pédalo s’il est en forme). Et réalisant que nous avons quand même bien dû trimer pour arriver jusqu’à eux et comprenant que nous ne sommes pas la banque mondiale,  ils nous laissent reprendre notre route tranquillement après une petite causette (et souvent une tentative d’avoir quand même un cadeau, mais surtout pour la forme !).

Mais, cette fois là, les choses ne se sont pas embarquées comme prévu.  Et le policier en question nous répond très sérieusement qu’il va nous mettre une amende, parce que c’est obligatoire d’avoir une casque quand on roule en vélo en Guinée. On se marre (qui peut imaginer que ce n’est pas une blague vu que même les conducteurs de motos n’ont pas de casques !). Le policier insiste. Maelly lui répond tout aussi sérieusement que nous ne paierons pas un centime pour une histoire de casque, que ce qui l’intéresse c’est simplement soutirer de l’argent à des blancs et qu’il est hors de question que nous participions à ce système de corruption déguisée. Erreur. Grave erreur.

Le policier est définitivement braqué, attaqué dans son honneur. Il nous répond que nous sommes méprisants, que nous ne sommes pas au-dessus des lois, que la loi c’est la loi, que lorsqu’on ne la respecte pas, on paye une amende. Alex lui explique que nous sommes d’accord, mais que la loi ne dit pas que le casque est obligatoire (le tout en arrondissant bien les angles !). Il nous soutient que si, nous parle du code rousseau (dans lequel le port du casque n’est pas obligatoire, sauf pour les enfants de moins de 12 ans et depuis moins d’un an, soit dit en passant!). Et là, cloup du spectacle : il tape dans Google « port du casque obligatoire » et nous montre les résultats comme si c’était la loi. Alex se bidonne et lui demande depuis quand M. Google est devenu législateur en Guinée !! Le ton monte encore. Cela fait déjà quasiment 1h qu’on essaye de parlementer, qu’on s’écarte, qu’on patiente, qu’on rediscute, mais les rouages sont bloqués, personne ne veut lâcher. Maelly est prête à dormir sur place, énervée comme un pou, mais bientôt à bout de nerf. Il nous passe même dans la tête de prendre la fuite puisqu’ils n’ont pas nos passeports, n’ont pas de véhicules et plusieurs personnes qu’ils ont voulu arrêter ont tout simplement accéléré pour les esquiver !! Mais nous aurions passé le reste du pays à flipper devant chaque contrôle de police, nous avons donc écarté cette hypothèse. Finalement un chef est arrivé, Maelly a pleuré quelques vraies larmes et nous sommes repartis avec un « rappel à la loi » (et avec nos casques sur la tête) !!

Cette petite anecdote racontée, nous pouvons désormais exposer notre position sur le port systématique du casque lors d’un voyage à vélo au long court.

L’usage

Au départ, nous les mettions en permanence, un fâcheux accident dans notre entourage quelques semaines avant le départ nous avait motivés. Puis, la realité a pris le dessus, nous avons plusieurs explications plus ou moins valables : il s’est mis à faire chaud, on entend moins bien, le port du casque salit les cheveux , etc. Enfin, nous avons décidé de poser le problème pour lui trouver une solution durable (dans le sens qui nous convienne dans la durée).

 

 

Désormais nous portons donc nos casques dans les cas suivants :

  • Quand nous sommes sur des pistes et/ou sur des grosses descentes.
  • Quand nous nous sentons fatigués, notamment en fin d’une grosse journée ou quand nous ne sommes pas réveillés, quand on a mal dormi, etc.
  • Quand nous n’avons pas fait de vélo depuis longtemps (après les vacances).
  • Quand c’est obligatoire (ce qui est le cas en Namibie). Au passage, quand nous l’avons appris, le jour de la traversée de la frontière, inutile de vous dire que nous étions bien bien contents d’avoir traîné nos casques jusque là ! Parce que oui l’idée de les abandonner en route a été soulevée quelque fois.
  • Quand l’un d’entre nous sent qu’il faut mettre les casques (nous gardons une part de subjectivité dans notre règle objective quand même !).

Le reste du temps, nos casques ont deux utilisations. D’ailleurs, de manière générale,  nous essayons de ne pas avoir d’objet n’ayant qu’une seule utilisation (suite de la lecture d’un livre minimaliste !). D’abord, ils nous servent de tabouret  chaque fois que nous n’avons pas envie de nous assoir par terre; il arrive même à Alex d’en faire un oreiller pour la sieste!. Et sinon, nous les accrochons à notre saccoche arrière droite (ou gauche, en fonction du sens de circulation!) de notre vélo pour faire comme un écarteur de voiture. Clairement, le plus gros danger auquel nous faisons face, vient du comportement des autres utilisateurs de la route. Dans 99 % des cas, le partage de la route se passe bien : les conducteurs sont intrigués par nos silhouettes et ils ralentissent pour mieux nous voir ! Mais surtout, plus nous croisons de vélos sur la route, plus nous nous sentons en sécurité. Nous devenons en fait plus communs, donc plus « acceptés » sur la route.

Alors pour la sécurité des cyclistes : à vos pédales !


Si le sujet vous intéresse, cet article avait beaucoup plus à un membre de l’équipage à l’époque : http://transports.blog.lemonde.fr/2016/02/24/10-arguments-contre-lobligation-du-port-du-casque-a-velo/

 

One thought on “Tu vas (te) casquer

  • Catherine 23 août 2017 at 19 h 51 min Reply

    Voici donc une mésaventure ! Je pense qu’au cours de votre périple, vous en avez connues d’autres …
    En tous les cas, c’est la prudence qui compte.
    Bonne route pour la suite, casqués ou non !!!

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