La Tanzanie sur un plateau 

Comme vous l’avez lu avec la recette des succulentes tortillantes, nous nous sommes régalés en Tanzanie ! Nous avons déjà publié notre sélection de photos de nos 29 jours tanzaniens, voila désormais notre retour écrit pour les prochains voyageurs.

La circulation

Nous avions choisi de quitter l’île carte postale avec le dernier slow boat (départ à 22h), l’objectif était d’arriver à la fraîche à Dar-El-Saalam pour être sortis du gros de l’agglomération avant les embouteillages. Pari réussi puisqu’à 9h30 nous avions déjà parcouru presque 50 km et qu’Alex s’est fendu d’une formule désormais culte dans l’équipage : « un Pepsi à neuf heure et demi, gage d’une journée réussie ».

En dehors de Dar-Es-Saalam – qui nous a peu secoué à l’arrivée (le changement de côté pour rouler y est certainement pour beaucoup) – la circulation est assez fluide en Tanzanie.

Il est quand même nécessaire de mentionner l’existence d’une espèce largement connue dans toute la région : les chauffeurs de bus tanzaniens. Ces derniers ne semblent pas appartenir à l’espèce humaine et ne sont animés par aucune peur. Ils peuvent ainsi doubler plusieurs camions d’un coup sans aucune visibilité dans un virage ou une montée. Le reste du monde n’a qu’à se pousser. Clairement, nous ne faisons pas le poids ! En même temps, la puissance de leur machine permet aussi un rabattement rapide. Nous n’avons donc jamais eu besoin de sauter dans le bas-côté, seuls quelques noms d’oiseaux sont sortis pour nous soulager quand il nous semblait qu’une de ces boîtes de conserve sur roues nous avait approché d’un peu trop près !

Les routes

La route que nous avons prise (Dar / Mbeya / Iringa / Tunduma) est en bon état, bitumée du début à la fin avec majoritairement des accotements acceptables pour rouler à vélo.

Comme leur nom l’indique, les southern highlands se situent entre 1400 et 1800 mètres d’altitude: la tendance générale est donc à la montée. Cependant, rien d’insurmontable, on est loin des cols européens, il faut plutôt imaginer des collines avec des montées un peu plus longues que les descentes et le tour est joué. Une exception confirme cette règle : 700 mètres de dénivelés positif en 7 km après la ville de Comfort. Nous sommes arrivés en haut sans pousser (svp!), mais en ayant fait le plein de poussières de frein et d’embrayage (merci les camions).

La traversée de Mikumi à vélo

La traversée du Parc National de Mikumi est possible à vélo. Selon nos recherches, il est le seul tanzanien dans ce cas, car il est le seul à être traversé par une route nationale.

Pour ne pas passer la nuit dans le Parc (ce qui implique de payer les droits d’entrer et un hébergement), nous avons dormi dans une guest house juste avant le Parc dans le village de Doma, puis après le Parc dans un camping dans la ville de Mikumi.

Ainsi, en empruntant cette route on traverse le Parc sans y entrer (comprendre sans payer les frais d’entrée, de guide et compagnie qui dépassent largement notre budget mensuel). C’est donc un bike safari qui s’est offert à nous : zèbres, girafes, antilopes et assimilé-e-s nous ont tenu compagnie pendant 50 km ! Nous n’avons pas croisé d’éléphants et de félins, mais il parait que c’est possible, une tension palpable nous a donc également accompagnés pendant la traversée.

La vie de routier

Si la fumée des camions et la vitesse des bus ont un peu gêné la journée, les chauffeurs nous ont enchantés chaque soir ! Pour la première fois depuis le départ nous avons vraiment senti une « vie de routier » et c’était très agréable (si on met de côté le fait que nous côtoyions que des hommes). Le moindre regroupement de maisons dispose d’une guest house où il est possible de dormir à deux pour 10 000 Tsh (4 €). Les villages disposent également de plusieurs gargotes et/ou restaurants qui proposent des chipsy mayaï pour 2000 Tsh (omelette de frites). La route est aussi parsemée de bars/buvettes où les pintes de bière en bouteille consignée (de 1500 à 2500 Tsh) sont fraîches.

Et dans chaque endroit règne une bonne ambiance conviviale ! Par conséquent, la tente est souvent restée au fond des sacoches en Tanzanie (8 nuits en tente sur 29 selon notre carnet de bord !).

La nourriture

Nos habitudes de variété alimentaire nous ont conduits à tenter de s’alimenter autrement qu’avec des omelettes de frites et des haricots coco ! Notre réchaud a donc quand même pas mal tourné.

Pour les ravitaillements alimentaires, aucune difficulté. Il y a des fruits et légumes à vendre quasiment devant chaque maison et des petits magasins partout. Par contre, il ne faut pas chercher plus que des produits de base locaux et de saison, la variété des repas dépend donc plus de l’imagination du cuisiner que de l’approvisionnement (riz, haricots, œuf, patate douce, tomate, quelques bananes et orange).

Un compagnon qui nous avait quitté depuis l’Espagne a fait son retour dans la région d’Iringa : le yaourt (il y a une grosse usine laitière). Idem pour les chips (il y a aussi une usine de patate!).

La langue

Les tanzanien-ne-s parlent tous et toutes le kiswali, l’anglais n’est donc pas une nécessité. Il est donc assez peu parlé en dehors des villes. C’était parfait pour nous et notre pratique approximative de cette langue, nous étions à égalité pour parler avec nos compagnons de route (si vous avez suivi la partie précédente sur la vie de routier, vous aurez compris qu’on avait chaque soir des nouveaux copains !).

Coup de cœur

Cela faisait longtemps qu’on en rêvait, la pizzeria Mama Iringa l’a fait pour nous : un focaccia avec de l’origan frais, une pizza à la pâte fine avec de la vraie mozzarella puis un tiramisu ni trop sec ni trop humide en dessert.

Bonus : le retour à la guest house en touk-touk. Comme pour le retour de soirée à Dar-Es-Saalam, ce mode de transport nous dépayse instantanément. En effet, avec l’influence indienne, des dizaines de ces petites machines circulent dans chaque ville.

En conclusion, si vous cherchez un pays lointain pour pédaler sans avoir besoin de transporter tente et réchaud, la Tanzanie est faite pour vous ! Et si vous cherchez un pays où vous pouvez bivouaquer facilement avec des ravitaillements aisés, la Tanzanie est fait pour vous ! En gros, la Tanzanie à vélo, c’est beau, c’est bien, c’est top.

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