Cuisiner en route

Sur la route, les repas sont notre carburant. C’est pourquoi nous partageons beaucoup de recettes (et nous aimons particulièrement ça aussi !). Cependant, pour cette fois nous allons le faire de façon plus générale et revenir sur l’organisation de notre « cuisine ». Après 9 mois d’itinérance, le système est rodé, alors autant le partager !


Dans chacune de nos sacoches se trouve une pièce de notre maison : une chambre chacun, une salle de bain, deux dressings/bureaux et un garage. La cuisine quant à elle occupe deux pièces : une sacoche et une caisse ! Parce qu’on a beau avoir cherché notre tente pendant 4 mois sur le bon coin pour gagner 50 grammes, maintenant on achète le riz par kilo et on dispose chaque soir du choix entre plusieurs repas. Nous ne sommes pas à une contradiction prêt !

La cuisine est organisée en deux parties les ustensiles d’un côté et les victuailles de l’autre.

Les ustensiles

Les ustensiles se trouvent dans la sacoche avant droite d’Alex.

Un ancien tee-shirt entoure la popotte, le saladier, l’écuelle et nos deux tasses. Toute la ménagère ainsi imbriquée et serrée ne fait pas de bruit, même en cas de secousses.

Un sac en plastique tissé (type cabat réutilisable) reçoit le réchaud et l’essence, afin d’isoler les catastrophes. Malheureusement le système n’était pas en place le jour où notre réserve d’essence s’est percée. Cet incident a durci le plastique de la sacoche qui se trouait allègrement, nous avons donc du faire refaire le fond par un réparateur de bâche de camion et c’est reparti comme en 14 !

Un ancien sac de céréales (très robuste, nous l’avons depuis l’Espagne !) permet de regrouper tous nos petits ustensiles : deux fourchettes, une cuillère (ou est passé la deuxième ? Mystère !), deux opinels, un économe, une petite rappe à légumes, une boule à thé, une brosse en bois, deux briquets, deux poignées de popotes, les pinces à linge et deux pailles en bambous. 

En prime nous avons une boîte de conserve (actuellement des baked beans) de secours au fond d’une sacoche pour si survient une galère (ce qui n’arrive jamais vu les réserves qu’on porte, mais que voulez-vous, on ne se refait pas quand on a manqué pendant son enfance).

Une jambe de pantalon reçoit notre dernière trouvaille : une cafetière à piston. Nous regrettions depuis plusieurs mois d’avoir laissé notre cafetière italienne en France, voilà donc un regret en moins ! Nous avons inauguré cette cafetière avec des voyageurs allemands une centaine de kilomètre avant Lusaka (capitale de la Zambie). Qu’est-ce qu’il est bon de pouvoir inviter des rencontres à boire un café à côté de nos vélos ou de notre tente ! Nous sommes donc certains que ce café n’était que le premier d’une longue série.

Nous avons également une poêle à pancakes, qu’on stock dans la caisse afin de ne pas la tordre (son manche est pénible, mais on s’en sert tellement qu’elle est pardonnée). La planche à découper est également dans la caisse puisque nous nous en servons tous les midis (alors qu’on ouvre pas forcément la sacoche, si on ne chauffe rien ).

Les victuailles

Les victuailles sont dans une caisse accrochée par un tendeur sur le porte bagage arrière d’Alex. Pour celles et ceux qui suivent les comptes de poids, c’est à partir de là que nous ne pouvons plus dire que nous portons le même poids. À la pesée de départ nos sacoches faisaient le même grammage, mais en bonus Alexandre porte toutes les victuailles !

L’utilisation d’une caisse permet de ranger les aliments droits sans qu’ils se renversent et que tout soit facilement accessible, car visible. Il s’agit d’une caisse à champignon en plastique, elle est légère et à la taille idéale. On l’utilise depuis notre premier week-end et elle est toujours en bon état.

Au dessus de la caisse, nous utilisons un sac en toile cirée donc imperméable, à la base il nous permettait de protéger les aliments secs de la pluie, mais désormais qu’on n’a plus une goute, il reçoit le pain et les légumes !

Le tout est calé par un torchon que l’on tend et qu’on fixe avec un tendeur autour de la caisse, comme un filet. Le système peut sembler branquebalant, mais nous n’avons aucune perte à déclarer, nous pouvons donc attester de sa fiabilité !

Organisation des ravitaillements 

Nous fonctionnons principalement avec des bocaux, qu’on remplit directement quand ils sont vides (ce qui permet d’éviter autant de déchets que de sachets). Nous avons un bocal par grande famille et on change de variété dans la famille quand il est vide (par exemple le bocal légumineuse est plein de haricots, mais le prochain coup ce sera des lentilles et ensuite des pois chiches, vous voyez le principe ?!).

Voila les détails des bocaux :

  • 1 bocal de légumineuse, cela fait un moment qu’on ne trouve que des haricots secs, mais tpujours de différentes couleurs !
  • 1 bocal de céréales, nous ne trouvons que du riz depuis la Tanzanie. La semoule nous manque un peu, tellement pratique à cuire !
  • 1 bocal de farine, en ce moment moitié blé / moitié maïs !
  • 1 bocal de confiture, en ce moment d’ipomé (confiture de patate douce maison)
  • 1 bocal de beurre de cacahuète, pratique car utilisable pour le petit dej, le goûter et la cuisine.
  • 1 bocal de truc à étaler pour le pique-nique, mayonnaise, pickles, houmous, on fait varier.

Il y a ensuite une partie boîte :

  • Une boîte en fer de thé, qu’on remplit au besoin (merci à ma fournisseuse officielle dont le dernier ravitaillement vient de nous parvenir !).
  • Une boîte en fer de café en poudre (nous ne l’avons jamais trouvé à vendre en vrac pour remplir notre boite, alors chaque fois on achète une nouvelle boite…).
  • Une boîte de café moulu, car depuis peu nous avons une cafetière à piston alors bye-bye le mauvais café !
  • Une ancienne boîte de café remplie de fruits secs (actuellement graines de tournesols, mais le plus souvent désormais ce sont des arachides ).
  • Une boîte carrée avec une chaussette qui nous permet de caler des œufs.

Pour le volet assaisonnement, nous avons récupéré un pot de yaourt de 1kg au couvercle étanche qui permet d’avoir un endroit bien sec. Il contient les éléments suivants :

  • Une boîte de tic-tac remplie de sel.
  • Un poivrier chipé dans une cafétéria du temps où nous étions étudiants.
  • Un pot de colorant rempli de ras-El-Hanout.
  • Un pot de curry.
  • Un sachet de bicarbonate

Enfin, il y a un côté bouteille (c’est le plus efficace en termes d’étanchéité, bien plus qu’un bocal) :

  • Une bouteille d’huile, c’était de l’huile de l’olive jusqu’en Mauritanie, puis de l’huile de palme et désormais de l’huile tournesol.
  • Une bouteille de sucre poudre
  • Une bouteille de miel (depuis la Zambie on arrive à la faire remplir par des vendeurs au bord de la route, rencontres chaleureuses assurées quand les deux mzungus que nous sommes demandent à remplir une petite bouteille plutôt que d’acheter le gros bidon ! ).
  • Une bouteille d’huile de chaîne (les chaînes de nos vélos sont gourmandes aussi !) 

En plus nous avons deux boîtes en plastique vide qui nous permettent de stocker les restes, les légumes ouverts, d’acheter des biscuits ou des gâteaux, etc.

Fruits et légumes 

S’il fallait trouver une règle, on pourrait dire que nous essayons d’avoir deux type de fruit (en ce moment c’est banane / orange puis orange / banane …), deux types de légumes du midi (tomates, concombres, carottes, avocat, etc des trucs qui se croquent) et deux types de légumes pour cuisiner le soir (pomme de terre, choux, courge, aubergines, etc des trucs qui se cuisent). Et nous avons toujours un fond de roulement d’oignons !

Généralement on fait un « marché » conséquent tous les 4/5 jours et entre temps on complète avec ce qu’on trouve.

Pourquoi ? 

Alors, une fois sur le papier c’est encore plus impressionnant que dans la vraie vie !!! En même temps cette organisation nous permet de ne pas avoir à faire des courses chaque jour, on peut donc rouler l’esprit tranquille. Cela nous permet aussi d’avoir plusieurs choix de repas. N’est-ce pas super agréable le soir de se demander « qu’est-ce qu’on on se fait à manger  » ? Cette palette d’ingrédients nous permet aussi de laisser aller notre imagination sur des nouvelles recettes pendant qu’on roule. Souvent on se demande comment font les voyageurs rencontrés qui ne mangent que du pain, des haricots en boîte et des sardines, quel est leur secret pour garder le moral pendant des mois ?!

Cette organisation nous permet aussi de ne jamais être dans le besoin. L’expérience nous a appris que c’est un grand avantage ! Un vendeur vous propose un prix quadruplé ? C’est pas grave, l’achat peut attendre ! La ville où vous pensiez trouver le produit x est un village sans commerçant ? C’est pas grave, l’achat peut attendre ! Ce soir vous vouliez absolument manger des crêpes et vous trouvez pas de lait ? C’est pas grave la recette marche sans lait (ah non ça c’est une autre histoire !!). Et à l’inverse quand on trouve un produit qui nous tente et bien on l’achète, même si on le consomme pas dans la journée. Parce que finalement est-ce qu’on est vraiment à un kilo prêt ?!

Et si c’était à refaire ? 

En faisant le point sur notre matériel et notre organisation, nous sommes arrivés à la conclusion que tout marche bien !

Si on devait recommencer, on recommencerait pareil (peut-être sans les pailles en bambou, mais elles sont plus un souvenir d’une rencontre tanzanienne qu’un ustensile en fait, elles vont donc s’en aller avec nos prochains visiteurs !).

Par contre, nous allègerions la cuisine pour des vacances plus courtes ! Selon nous, la liste des absolument indispensables est donc la suivante : popote, poêle à pancakes, couverts, sel, poivre, 1 épice, céréale, légumineuse, farine, œuf, confiture, pain, fruits, légumes à croquer et légumes à cuire. Avec ça vous pouvez vous faire plaisir en vous nourrissant correctement à tous les repas 😉

 

6 thoughts on “Cuisiner en route

  • MF Peyrin 19 juillet 2017 at 19 h 44 min Reply

    Alors la petite famille enfin réunie comment se passe les vacances ?
    Bises dromoises
    MF

    • tescapavelo 1 août 2017 at 9 h 18 min Reply

      C’était génial, mais trop court, comme toutes les vacances !!! Bises namibiennes

  • Clerc Marion 24 juillet 2017 at 13 h 44 min Reply

    Merci pour ce dernier super article, j’adore !!! Quelle organisation, de vrais chefs 🙂
    Et dites, pour le sec, vous trouvez donc toujours des magasins/épiceries où vous pouvez acheter en vrac?
    Plein de bisous à vous!

    • tescapavelo 1 août 2017 at 9 h 17 min Reply

      Plus on s’approche de l’Afrique du Sud, moins on trouve autre chose que les supermarchés. Alors le ZD va peut être redevenir compliqué, mais jusqu’à présent c’était d’une facilité sans nom 😉

  • Cécile N. 25 juillet 2017 at 14 h 55 min Reply

    Je suis en train de trier mes mails du boulot, et là je tombe sur ton message de départ Maelly. Ni une ni deux, je clique sur le lien du blog et je m’évade…..
    Bien douce après-midi…. Je vous envoie des bisous!

    • tescapavelo 1 août 2017 at 9 h 20 min Reply

      Comme quoi c’est facile de passer du Val de Marne au sud africain !!!

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