Changer de côte, garder le Cap!

Ça y est, on y est !

Hahaha, non nous ne sommes pas à Captown, mais nous étions à Abidjan !

Sept mois après s’être mis en selle, sept mois après notre peloton parisien de départ, nous passons pourtant bel et bien un Cap ! Bien que la capitale ivoirienne ne reprensente pas un cap géographique, pour nous c’est bien un bout de quelque chose. Depuis Paris on se laisse porter par nos vélos et les routes qui mènent au Sud. Pas d’obstacle infranchissable, on passe partout avec nos biclous ! Tous les matins (ou presque) c’est « cap au Sud ». Autonomes, pas besoin d’un hôtel ou d’un restaurant pour s’abreuver, se nourrir ou se reposer ! Ce nomadisme nous fait avancer à notre rythme, indépendants des horaires des moyens de transports, bref deux hirondelles avec des sacoches remplies de graines et un nid démontable.

Pourtant, nous le savions depuis le début cela n’allait pas durer !!! Le Nigéria apparaît comme une épine sous nos boudins ! Le risque et la peur remportent leur premier match. Bon ok on ne va pas au Nigeria, mais on fait quoi alors ? Un bateau ? L’avion ? Rentrer ?

Depuis que nous avons Abidjan en ligne de mire (2 mois), nos esprits ont moulte fois tourné tous les scénarios.

Scénario 1

Forts de nos convictions écologiques et de nos beaux grands discours, l’idée du retour en avion nous branche pas de masse. Surtout qu’il existe une manière un peu plus propre pour rejoindre notre Europe chérie : des cargos de marchandises proposent quelques places pour rejoindre les grands ports du monde. C’est un voyage en pension complète, il faut compter environ 80€ par jour. Cette solution nous est donc financièrement possible depuis l’Afrique de l’Ouest (12 jours du Ghana à Hambourg), mais ne le sera pas depuis Le Cap (25 jours). C’était  donc maintenant ou jamais pour rentrer sans avion. Et puis on pouvait toujours pédaler encore un peu en Europe. Ce scénario remportait tous les suffrages quand on voyait un conducteur jeter sa poche d’eau par la fenêtre de sa voiture, quand nous étions gagnés par la nostalgie ou que nous avions l’impression de louper des choses importantes en France… Mais bon, oui on à envie de manger du Comté AOC d’un petit producteur en trinquant avec nos copains et copines, mais pas on a quand même envie d’aller jusqu’au Cap !

Scenario 2

Eviter le Nigéria par bateau ? Beaucoup de recherches infructueuses. Pas d’informations fiables et beaucoup d’informations sur les pirates. Éliminé rapidement.

Scenario 3

Eviter le Nigéria par avion ? Possible depuis Abidjan, mais cela ne règle pas un autre point qui nous est apparut important. Il s’agit de la possibilité d’obtenir les visas directement aux frontières plutôt que d’être bloqués 1 semaine dans la capitale du pays qui précède et de devoir faire du lèche botte à toute l’ambassade sans jamais être certains d’obtenir le sésame. Après quelques recherches aucun pays (quasiment) ne permet dobtenir ce laissez-passer par voie terrestre sur la côte ouest. Ajouter à cela que de nombreux pays sont petits avec des visas chers, donc pas très « rentable » de payer entre 50 et 80 € chacun pour moins de 500 kms à parcourir.

Scenario 4

Et sur la Côte Est ?

En arrivant en Tanzanie par avion il est possible d’obtenir le visa à l’aéroport, puis en passant par la Zambie, le Zimbabwe et enfin l’Afrique du Sud les visas sont disponibles aux frontières. Et depuis notre départ on nous parle de cette côte comme d’une merveille. Et puis c’est quand même la bas qu’il y a l’Afrique de notre imagination : des zèbres et des girafes !

C’est comme un deuxième voyage qui commence ! L’avion c’est un gros chamboulement. En plus, on passe du côté anglo-saxon de la force. Conduite à gauche, changement de langue et de gastronomie !!!!

Bingo ! C’est donc parti pour les 5000 derniers kms! Les deux tiers du parcours sont quasi franchis ! Malgré les 566h en selle, malgré nos petits 15,5 km/h de moyenne le temps et les paysages finissent par défiler. On est déjà si proches de la fin ?

Bon allez, on doit aller faire accepter les vélos comme un bagage ordinaire…

4 thoughts on “Changer de côte, garder le Cap!

  • christine 18 mai 2017 at 13 h 36 min Reply

    oh comme je suis heureuse d’avoir de vos nouvelles les petits princes du vélo !!
    je vous souhaite une belle traversée de l’Afrique…
    quand vous arriverez à Cape Town, vous serez au pays de mes arrière grand parents, qui ont ensuite traversé le pays pour s’installer au Lesotho.. mais pas à vélo.. avec des charrettes tirées par des boeufs.
    je vous embrasse, je serai bientôt à Nouakchott.. et reverrai ce moment où je vous ai retrouvés.
    Que l’Afrique vous protège et vous aime !
    Christine la nomade

  • valente 18 mai 2017 at 16 h 03 min Reply

    Comme à chaque fois… j’adore !
    Bon courage les voyageurs

  • Catherine G 22 mai 2017 at 21 h 34 min Reply

    Quel périple! C’est vrai qu’il faut privilégier la sécurité et c’est une bonne idée d’aller vers l’est pour découvrir une autre Afrique.
    Alors bonne continuation et PROFITEZ encore et encore ….

  • Clerc Marion 24 juillet 2017 at 13 h 50 min Reply

    Comment j’ai pu loupé cet article !! Je viens de tomber dessus, et me suis toujours dit « oh zut ou alors il n’ont pas expliqué leur passage de l’ouest à l’est (même si j’avais un peu les coulisses de l’histoire 🙂 ou alors j’ai loupé quelque chose ». Et bien sur j’avais loupé quelque chose ! Une fois de plus super article, et je pense que vous avez pris la bonne décision 🙂

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