Le Sénégal et son petit goût aigre doux 

Nous avons passé 1 mois et demi au Sénégal – dont la moitié à vélo – et il nous semble y avoir traversé toutes les phases possibles d’un point de vue mental ! Désormais derrière nous, ce pays nous laisse un petit goût aigre doux, pas totalement désagréable, mais pas non plus 100 % plaisirs. Un petit côté mi-mangue mi-banane pour utiliser l’expression consacrée par Alexandre (et qui s’adapte en fonction des saisons et des pays, bien sur !). C’est toujours surprenant les sensations que laisse un pays. Nous avons conscience que ces sensations sont très personnelles, mais surtout très liées à notre propre attitude/humeur du moment. Le Sénégal se situait au milieu temporel (et théorique) de notre voyage, après la longue traversée du Sahara, nous étions donc peut être moins « open », plus fatigués et donc malheureusement moins patients. Nous ne voulons pas généraliser notre si petit séjour, dans une si petite partie du pays en ayant rencontré une partie si infime des sénégalais-es, ce qui correspond bien au côté aigre-doux : tant de choses contradictoires dans un seul goût 🙂

Voilà donc un petit récit pour les prochain-e-s qui viendront user leurs sacoches sur les routes sénégalaises et pour toutes celles et ceux qui nous font le plaisir de continuer à lire ces articles malgré leur rareté et leurs imperfections <3

Entrer au Sénégal à vélo

Nous sommes arrivés au Sénégal par la petite porte : le barrage ou la digue de Diama. La frontière est tranquille et même agréable une fois qu’un « non » ferme a écarté les « facilitateurs » (oui il y a des gens avec des badges autour du coup avec écrit « facilitateur » qui veulent donner ton passeport au douanier à ta place!). En tout cas rien à voir avec ce qu’on nous a raconté de la traversée à Rosso, un peu plus au nord. Un goudron flambant neuf nous a accueilli et après une journée de piste du côté mauritanien, on était ravis !

Notre itinéraire vélo au Sénégal 

Depuis Diama nous avons rejoint Saint-Louis où nous avons connu notre premier véritable dépaysement depuis notre départ. Plus de doute nous étions vraiment dans l’Afrique de notre imaginaire : des enfants par dizaines/centaines, des bassines sur les têtes et des milliers de couleurs sur les habits.

Nous sommes ensuite remontés jusqu’à Richard-Toll, de là nous avons pris la piste pour faire le tour du lac de Guiers. La piste est tout à fait roulable avec nos vélos sacoches. Il est quasi impossible de se perdre (le routard que nous avons lu ensuite conseille de prendre un guide, cela ne nous semble pas nécessaire) vu qu’il n’y a qu’une piste et puis les villages sont nombreux il est donc toujours possible de se faire aider. Nous avons d’ailleurs été merveilleusement accueillis dans chaque endroit où nous nous sommes arrêtés, que ce soit pour une courte pause ou pour la nuit. Nous renvoyons d’ailleurs tous nos remerciements au village de Sonine où nous avons passé 24h merveilleuses, comme une parenthèse enchantée entre baignades, repas, thé, couture et maraîchage.

Le goudron revient ensuite à partir de Keur Momar Sarr et nous avons rejoint la route principale à Louga. Au niveau de Kébémer, nous avons pris la direction de Lampoul pour rejoindre l’océan où une nouvelle – et magnifique – route nous a emmené tranquillement jusqu’à Dakar.

L’arrivée à Dakar a été beaucoup plus facile que nous l’avions imaginé, nous n’avons eu besoin de prendre qu’une seule bretelle autoroutière, sinon c’était en mode périphérique parisien donc du monde mais chacun à sa place !

Ensuite nous étions en vacances pour 15 jours ! Ces vacances nous ont emmené jusqu’à la Casamance en ferry.

De là nous avons repris les vélos pour remonter le fleuve Casamance et plus encore jusqu’à une vingtaine de kilomètres après Kounkané où nous avons pris la piste pour aller retrouver la frontière guinéenne à Califourou. Notons que la piste ne dure que 25 kms, après nous avons retrouvé le goudron avec surprise et bonheur ! Notons également que le tampon de sortie du Sénégal est fait par la police à Califourou soit 33 kms avant la frontière et le poste guinéen, autant dire que le noman’s land entre le Maroc et la Mauritanie c’est (presque) du pipi de chat à côté. La différence est quand même qu’on reste en territoire sénégalais et que la route est goudronnée !

Le radar à Thoubab 

À peine avions nous passé la frontière que nous étions déjà repérés : on criait des « thoubab, thoubab » de tous les côtés sur notre passage ! Changement flagrant et marrant !! Le côté moins sympa c’est que le thoubab est riche, donc les prix flambent à son arrivée. Cela était déjà le cas au Maroc et en Mauritanie et on l’accepte dans l’ensemble, c’est le jeu si on peut dire, on négocie, le prix baisse un peu et tout le monde est content.  Mais au Sénégal, c’est puissance 10 et ce n’était plus des prix thoubab c’était clairement des arnaques thoubab. Et avec tellement de fierté que certain-e-s préfèrent ne pas vendre plutôt qu’avouer avoir multiplier le prix par 10. Au quotidien c’est lourd, très lourd… Cela s’est plus vérifié dans les villes qu’à la campagne, comme partout !

L’affolement du mercure

En parlant de lourdeur, la météo est très lourde aussi !! Dès qu’on s’éloignait de l’océan, il fallait changer de stratégie. À la fin nous devions nous arrêter de 11h30 à 16h pour ne pas cuire sur nos vélos. Et la nuit c’est désormais bivouac minimaliste (= sans le double toit de la tente !) pour ne pas dégouliner de sueur. Et malgré ça il y a quand même eu quelques nuits difficiles, avec seulement quelques heures de fraîcheur relative : jusqu’au milieu de la nuit le sol est brûlant renvoyant la chaleur qu’il a accumulé pendant la journée.

Les vacances dans le voyage 

Au Sénégal nous avons eu la visite d’une amie avec qui nous avons passé 15 jours de vacances au top du top : pas de vélo, hôtel à gogo et vin coulant (presque) à flot !

Nous avons d’abord passé presque une semaine à Dakar pour visiter les alentours puis une semaine en Casamance dont la moitié à Ziguinchor et le reste sur l’île d’Egueye en pension complète comme des petits bourgeois trentenaires !!!

Ça nous a fait un bien fou, ça nous a changé les idées, ça nous a détendu comme des vacances en somme ! Parce que oui il est possible d’avoir besoin de vacances quand on est en année off. Et on a repris la route reboostés comme jamais ! Avec l’espoir que la Guinée Conakry nous réserve plein de belles choses et pour l’instant la Guinée tient sa réputation. Si vous la connaissez vous pouvez donc imaginer ce que nous vivons actuellement 😉 Idem si vous connaissez ses petits surnoms !

NB : et un joyeux anniversaire à la plus belle des petites cailles !

2 thoughts on “Le Sénégal et son petit goût aigre doux 

  • valente 12 avril 2017 at 10 h 44 min Reply

    Super récit cette année off n’est pas de tout repos c’est certain vous êtes hyper courageux !

  • La petite caille 11 septembre 2017 at 21 h 26 min Reply

    Je rattrape mon (tout petit ?) retard avant que vous ne rentriez, enfin disons que je m’étais peut être arrêté à l’Espagne. Ce n’est pas si loin pour moi, un peu plus pour vous, les hirondelles ont eu le temps de descendre bien plus bas depuis le temps …
    He bien je regrette de ne pas avoir pris le temps de lire tout cela un peu plus souvent ! C’est vraiment chouette de suivre votre aventure racontée de cette manière ! 🙂 Mais bon, j’ai tout d’un coup au moins, c’est un peu comme attendre qu’une série soit sorti entièrement pour ne pas avoir à attendre la suite. (Mouais, je me rattrape comme je peux hein …) Et pour finir ma défense, sachez que j’ai à peine dépassé la moitié de mon livre commencé en Zambie, livre que j’apprécie pourtant beaucoup !
    Bref c’est vraiment top ! Maintenant que vous en voyez le bout je peux vous dire bravo ! Et vous souhaitez une bonne fin de voyage …
    Ne vous inquiétez pas, le retour ne sera pas trop rude (au niveau Diois je parle) : chez Beaux (Beau ? Bo ? Bau ? Bhau ?…) il y a toujours un chien aussi bête que sa maitresse, une maitresse toujours aussi folle, une maman toujours aussi attentionné, un papa toujours aussi fière de sa fille et son beau-fils, et il y a en plus un barbecue sur la terrasse ! 🙂

    Dans l’attente de vous retrouvez,

    Des bisous,

    Le Parisien

    Ps : Merci (un peu en retard vous dite ?) pour mon anniversaire ! 🙂

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