Traverser le Sahara à vélo

Voilà quelques semaines que nous avons commencé la traversée du Sahara à vélo et cela est désormais derrière nous, nous sommes à Saint-Louis (Sénégal). Nous prenons alors un peu de temps pour revenir sur ces semaines, depuis Guelmim et la porte du Sahara.

Nous avons adoré pédaler dans cette zone. Cette immensité est merveilleuse, quasi féerique à la tombée de la nuit ou au lever du jour.

La transsaharienne – nationale 1 au Maroc puis 4 en Mauritanie – est l’unique route pour rejoindre l’Afrique de l’Ouest depuis le Maroc. C’est donc le passage obligé pour tous-tes les routard-e-s. Nous avons rencontré plusieurs cyclopattes avec qui nous avons roulé quelques heures ou quelques jours en fonction des rythmes de chacun. D’ailleurs, on finit souvent par se recroiser ! Et si tel n’est pas le cas on obtient des nouvelles de l’avancement des uns et des autres par des voyageurs en sens inverse, de voyageurs plus rapides (type motards) ou par les nombreux policiers/gendarmes et autres douaniers.

La sécurité

« c’est pour votre sécurité », « ici c’est la sécurité », « c’est bien, c’est la sécurité », etc. Qu’importe là manière, on entend souvent parler de questions de sécurité ! Et franchement, nous nous sommes toujours sentis en sécurité. Dailleurs, il nous a été impossible de sentir de changement entre la zone verte et la zone orange (selon le classement du ministère des affaires étrangères). Les fonctionnaires aiment quand même bien savoir où nous sommes, notamment la nuit. Nous avons tendance à choisir nos lieux de camping en fonction de leurs informations, mais nous avons également continué le camping sauvage sous la houlette d’autres cyclopattes.

Le ravitaillement

Les ravitaillements sont assez faciles puisque les stations services sont plutôt bien réparties (au maximum tous les 150 kms environ) et vendent l’essentiel ! L’eau se trouve également relativement facilement du fait des mosquées dans de nombreuses stations (ce qui implique de l’eau pour les ablutions avant la prière). Nous ne transportions « que » 8/10 litres sur nos vélos pour avoir une journée et demi d’autonomie environ. Cette quantité a grandit au rythme de notre descente et de la chaleur grandissante. Sur la partie mauritanienne, nous avons d’ailleurs arrêté de rouler aux heures les plus chaudes en préférant la sieste au pied d’un acacia.

Autre ravitaillement à prévoir : « les fiches ». Nous sommes partis avec 30 photocopies de nos passeports que nous donnons à chaque contrôle pour accélérer le passage, nous avons écoulé notre stock un contrôle avant la frontière sénégalaise. Au Maroc nous rajoutions la date et le lieu d’entrée, notre numéro de police et notre profession. Cela n’est pas obligatoire, mais sinon ce sont eux qui notent les renseignements et cela peut être plus ou moins rapide en fonction de leur motivation… Cela dit les contrôles ne sont plus très très nombreux (en moyenne peut être deux par jour maximum, mais les contrôles sont souvent doublés à savoir un de la police puis un de la gendarmerie).

Le vagabondage

Sur cette route, il s’agit donc seulement de réussir à ne pas se laisser submerger par la relative monotonie du paysage. Pour cela, nous avons complété notre gamme de musique et d’émissions et puis nous papotons au grès du vagabondage du nos esprits. Ces « errances d’idées » sont d’ailleurs très fertiles pour la suite… Cette relative monotonie est également compensée par le défilé des kilomètres !! Le vent quasi continu du nord vers le sud nous a souvent poussé et a affolé notre compteur : jusqu’à 170 kms en une journée ! Les distances semblent se réduire et la sensation d’avancer se vérifie chaque soir en regardant la carte routière. De ce fait les paysages changent quand même rapidement. Et puis avec les jours nos yeux s’aiguisent pour visualiser le moindre petit changement, qu’on lit dans le sable, dans les pierres, dans la végétation ou dans le ciel. Merveilles.

Notre parcours

Jour 1 – Guelmin / Tan-Tan – 135 kms sur – nuit dans une pension.

Jour 2 – Tan-Tan / 80 kms plus loin à côté d’une antenne relais.

Jour 3 – Antenne relais / Tarfaya – 136 kms – nuit au camping.

Jour 4 – On traîne à Tarfaya !

Jour 5 – Tarfaya / Laayoune – 113 kms – nuit à l’hôtel El Massira (totalement hors budget, on nous a invité)

Jour 6 – On traîne à Laayoune !

Jour 7 – Laayoune / Lamssid – 110 kms – nuit derrière une station service.

Jour 8 – Lamssid / Boujdour – 81 kms – nuit au camping.

Jour 9 – Boujdour / 122 kms plus loin – nuit au bord des falaises.

Jour 10 – Falaises / 5 kms aprés N’tirifit – 122 kms – nuit dans un café fermé.

Jour 11 – 5 kms aprés N’tirifit / 123 kms plus loin – nuit dans les dunes (golf de cintra).

Jour 12 – Golf / Barbas – 138 kms – nuit à l’hôtel (150 dirhams là nuit mais on a adoré le cadre, un patio oasis. Et puis la douche… un bonheur à l’état pur ! D’autant que la journée fut difficile avec la fissure de la roue d’Alex).

Du grand Mendes : fissure consolidée avec l’ancienne béquille cassée !
Vélos oasis

Jour 13 – Barbas / Guarguerate – 88 kms – nuit dans un café et dernier petit dej au Maroc !

Jour 14 – Guarguerate / Nouadhibou – 58 kms – nuit chez un ami de cyclopatte rencontré sur la route.

* Passage de la frontière sans aucun souci, il faut juste un peu de patience pour passer dans les multiples bureaux. La moitié du nomandsland est désormais goudronnée et ensuite le poste frontière de Mauritanie est en vue donc les 2 derniers kilomètres sont faciles. On peut donc vraiment dire que la frontière entre la Maroc et la Mauritanie est tout à fait praticable à vélo. Il « suffit » d’avoir 55 € en poche pour payer le visa mauritanien (pour 30 jours).

Jour 15/16/17 : on traîne à Nouadhibou, on visite le cap blanc (il nous a fallu louer une voiture, compter 12000 ouguias)

Jour 18 : Nouadhibou / Boulanouar – 12 kms – nuit à la station de pompage de l’eau. Nous avons pris le train de minerai de Nouadhibou à Boulanouar pour éviter le vent de face et qu’elle expérience ! Totalement indescriptible et inimaginable pour nos cerveaux occidentaux. Pour un aperçu : nous avons attendu le train pendant 6h30.

Jour 19 : Boulanouar – 96 kms plus loin – nuit dans un village.

Jour 20 : 55 kms avant Chami – Chami – 55 kms – nuit dans la cour d’un café pour attendre une française et un suisse rencontrés au Maroc et avec qui nous  embarquons pour visiter le  banc d’arguin mauritanien.

Jour 21/22/23 : Iwik et plusieurs dizaines de kilomètres en bateau à voile appelés lanches. Nous avons dû passer les nuits dans les keimas, le parc n’autorisant pas qu’on plante notre tente selon les informations qu’on nous donnait… (ou en payant quand même la nuit !).

Jour 24 : Chami / 49 kms plus loin – nuit dans les dunes.

Jour 25 : 49 kms de Chami / 110 kms plus loin – nuit dans un check-point.

Jour 26 : 10 kms avant Tiwilik / Nouakchott – 106 kms

Jour 27/28/29/30/31 : on traîne à Nouackchott, merveilleusement accueillis par des amis d’amis, nous avons presque eu l’impression d’être avec nos parents c’est dire ! Visite du musé national, de plusieurs marchés, du port de pêche et d’un projet de resto/potager.

Jour 32 : Nouackchott / 20 kms avant Tiguend – 95 kms – nuit dans les acacias.

Jour 33 : 20 kms avant Tiguend / 6 kms avant Keur Macene – 97 kms – nuit dans la simili savane.

Jour 34 : 6 kms avant Keur Macene / Saint Louis (Sénégal) – 93 kms – nuit au camping.

* Passage de la frontière sans difficultés (et sans sortir le moindre euros de notre poche, comme indiqué sur le site de l’ambassade !) en passant par la digue de Diama. La piste (goudron jusqu’à Keur Macene puis piste en stabilisée jusqu’à la frontière soit environ 50 kms) traverse le parc national du Diawling, tout simplement magnifique et en autonomie (on garde un souvenir ambivalent du banc d’Arguin, du fait d’être toujours encadrés). On y a croisé nos premier phacochères (avec une crinière comme Pumba du Roi lion !).

En gros 

La véritable partie désertique (au sens personne et aride) se situe entre Boujdour et Nouadhibou. Cela dit on est toujours sur la route, donc avec une certaine circulation, donc jamais réellement seul. Il faut imaginer 15 à 80 véhicules par heure en fonction des jours et des endroits (comptages réalisés par l’équipe tescapavelo, à trois reprises). Pour se lancer nous avions enregistré sur notre téléphone le recensement effectué par freewheely. Il est parfaitement juste et exhaustif. Cela nous a surtout permis de partir « rassurés », sans se dire « autant on fait 400 kms sans croiser de vie ». MERCI à lui 🙂

Il ne faut pas se laisser impressionner par les gros chiffres des kilomètres journaliers, cette route est accessible à tout le monde parce que plate et avec des vents dominants favorables. Les gens sont tous accueillants (et même plus, mais est-ce qu’il y a un mot plus fort ?) et ne vous laisserons jamais sur le carreaux en cas de manque d’eau ou d’un besoin quelconque, alors n’hésitez pas une seconde si l’envie vous prend de venir pédaler dans ce coin !

 

Et au fait : on a passé le tropic !!! (voir dans la rubrique pancarte de ce site !)

 

3 thoughts on “Traverser le Sahara à vélo

  • Catherine G 25 février 2017 at 13 h 31 min Reply

    Nous sommes très heureux de vous retrouver dans ces contrées si lointaines …
    C’est avec intérêt que nous avons lu le récit de ce tronçon.
    Belles découvertes au Sénégal.

    • valente 26 février 2017 at 13 h 29 min Reply

      On voyage à travers votre recit très bien raconté ça donne envie de partir! Bonne continuation pour la suite bisous les courageux

  • christine 29 mars 2017 at 18 h 03 min Reply

    ah ! vous me donnez envie d’aller au Diawling !!!
    gros bisous
    Christine, back home (pour un enterrement c’est pas rigolo)…

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