La ruta Via de la plata à vélo


Après les véloroutes françaises, nous avons poursuivi notre chemin en suivant un tout autre fléchage. L’Espagne draine les grandes routes du plus grand pèlerinage d’Europe avec pour marque d’appartenance la célèbre coquille Saint-Jacques. Il est vrai que nous préférons plutôt la noix saisie à la plancha à la coquille, mais au gré du hasard/du chemin, nous avons plusieurs fois croisé et/ou suivi cette attraction mondiale !

Les infrastructures existantes sont conséquentes (voir impressionnantes même) pour loger le flux de « Pelegrinos » durant la belle saison (mais en ce moment, c’est vide ! On a dormis une nuit dans un couvent : nous étions seuls, un peu flipant comme expérience). On rencontre tous les 20 kms environ, des auberges rudimentaires, mais bon marché, des menus « Pelegrinos » dans les restaurants, etc. Nous avons donc quelques fois enfiler notre costume de « Bicigrinos » (expression consacrée pour parler des pélerins à vélo).

L’Espagne est traversée par deux principaux chemins :

  • Le chemin classique qu’on connaît en France, qui va de Saint-Jean-Pied-de-Port à Saint Jacques de Compostelle : le camino francès (nous l’avons suivi de Pampelune a Salamanque),
  • La via de la plata, qui va jusqu’à Saint-Jacques depuis le Sud de l’Espagne (nous l’avons suivi de Salamanque à Séville, nous étions donc en sens inverse !)

La première partie – de Pampelune à Salamanque – ne nous a pas tellement enthousiasmés. Nous avons parcourus des centaines et des centaines de kilomètres à travers des champs de blés moissonnés (monoculture bonjour !). Et Burgos nous a clairement glacé sur place : de la pluie associée à un froid polaire. Au moins nous étions contents de ne pas pédaler pendant ces journées. Cela dit c’est dans cette partie que nous avons appris à aimer les montées et ce n’est pas rien 😉

A l’opposé, la via de la plata nous a enchantés !

La Ruta Via de la plata à vélo

La via de le Plata propose deux options pour les cyclistes : VTT ou route. Nous avons opté pour la road bike est c’est déjà renversant ! On s’est dit que les itinéraires à pied ou en VTT s’enfonçant dans les montagnes et s’éloignant des routes, doivent l’être encore plus. Peut être reviendrons nous un jour par ici ?! (Édit : aprés une journée de marche dans Séville, Maelly a des ampoules, on ne reviendra donc peut être pas à pied. C’est que les hirondelles ne sont pas faites pour marcher !!)

L’itinéraire alterne entre des chemins de terres, des chemins ensablés, des voiries secondaires ou des routes nationales quand cela est possible. En effet, certaines nationales ont été doublées par des autoroutes et sont donc désormais quasi désertes, c’est le royaume des vélos et des tracteurs en somme ! Les chemins sont largement praticables avec des vélos à sacoches, même les pneus lisses du vélo de Maelly n’ont pas posé de problèmes. On se sentait même un peu aventuriers et c’était chouette !!! 

Cependant, nous ne pouvons que conseiller aux prochains cyclotouristes d’éviter les tronçons « chemin » par temps humide. Nous y avons rencontré un des ennemis des cyclopattes : la boue ! Ces petits chemins à la noisette se transforment alors en véritable cauchemars. Au début, on se marrait de devoir trouver un petit bâton pour enlever la boue qui débordait de nos garde-boue, mais quand il faut répéter l’opération tous les 10 mètres parce que les roues sont complètement bloquées et bien on arrête de rire. On s’ennerve d’abord contre la boue. On s’ennerve ensuite contre les garde-boue (ils nous ont bien servi par ces temps humides, mais là franchement on avait juste envie de les arracher ces ****** de garde-boue ! Certains connaissent la passion de Maelly pour ces accessoires…). Et après on s’ennerve contre l’être humain le plus proche (vu que les sentiers sont déserts, c’était donc l’un contre l’autre !). On s’en est sorti en rejoignant la route en coupant à travers champs sur 1.5 kms environ, Alex portant les vélos et Maelly se transformant en femme sacoches (2 allers / retours bien-sûr sinon c’est pas drôle). Bilan : 5 kms dans l’après-midi. Du coup on a pris une auberge dans le village suivant, le tenancier a osé le « normalement on n’attend plus de pélerins à cette heure » (les pélerins se levant à l’aube, ils sont dans les auberges à 15h au plus tard), mais vu nos regards il a vite changer de sujet !

En résumé les chemins de terres à vélo s’est chouette, mais quand il fait beau 🙂

Au delà de cette petite mésaventure, cette route nous a permit de traverser les paysages ibériques magnifiques : la Dehesa. Ces pâturages extensifs sont ponctués de chênes et d’oliviers qui fournissent l’herbe, mais aussi des glands et des olives (?) aux cochons. Les enclos sont souvent des petits murs de pierres ou des ruisseux, cela donne un air de vie en liberté. Ce mode d’élevage est la base du jambon « Pata Negra Bellota » (race de porc qui se nourrit de glands ; bellota = gland pour les non hispanophones !). Les prix sont plutôt dissuasifs (50/60 € le kilo), ce qui nous a permis de continuer à se poser la question perpétuelle : manger moins pour manger mieux ?

On a aussi vu de très nombreux troupeaux de chevaux, de vaches, de moutons et des chèvres en plus de cochons !

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Si vous entamez cette route à velo, obtenez une credential dès le début ! Nous ne l’avons pas fait parce que sur le camino francès les auberges nous acceptaient en tant que pèlerins sans problème même sans cette carte. Cependant, plus on descendait dans le sud plus c’était compliqué, on payait le prix touriste et non pas le prix pèlerins.

Côté popotte : Nous avons un petit nouveau de la collection hiver 2016 dans notre batterie de cuisine : la plancha. Tout grille à merveille et rien n’accroche ! On l’a récupéré dans une marbrerie abandonnée sur la route. Son destin n’est il pas finalement plus sympa que de devenir une pierre tombale ?

plancha-rechaud

Côté coup de coeur : on a pris l’habitude espagnole du café con leche (un peu par la force des choses au départ, pour se réchauffer), alors on a testé plein de cafés, il y en a dans le moindre petit village. Pour en retenir que deux :

  • Cafeteria la Luna à Pampelune : du café équitable et des gâteaux faits maison au même prix qu’ailleurs.
  • Los templenos à Monesterio : une trop belle déco, des petits gâteaux artisanaux sans huile de palme pour accompagner un café à 1€, il n’en faut vraiment pas plus pour notre bonheur. La cuisine avait juste l’air exquise, mais la raison l’a emporté et on s’en est aller trouver un spot de camping sauvage, allumer notre réchaud et manger des pâtes alphabets !

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On a aussi flashé sur La Marquesa à Zafra : morue en gratin pour l’un et œufs frits avec du jambon ibérique pour l’autre, le tout arrosé du vino de la casa !

restauant-zafra

Côté vélo : nous avons parcouru désormais 2500 kms environ et toujours pas de crevaison ! Alex à changé sa béquille à Salamanque après une casse et la monture de Mel aura (normalement) deux nouveaux pneus pour attaquer le Maroc. On a fait deux « révisions » depuis le départ : nettoyage à la brosse à dent des chaînes, dérailleurs et pignons avant un bon coup de WD40. Chaque fois les vélos semblent sortir de l’usine tellement s’est fluide !!

Nous profitons désormais de Séville depuis une semaine. On apprécie de vivre sans plans, de pouvoir repérer des adresses et y revenir et surtout d’avoir nos copains chéris avec nous. En somme on sent le temps passer. Et la semaine prochaine, on trie nos photos et on publie une partie du « Vu-e-s en Espagne » !

3 thoughts on “La ruta Via de la plata à vélo

  • Marion 5 décembre 2016 at 12 h 06 min Reply

    Super ! Merci pour toutes ces dernières nouvelles, toujours autant de plaisir à vous lire, et surtout j´ai bien rigolé en lisant l´épisode de la boue, ca me rappelle quelques souvenirs… 😉 Ahh belle galère !

  • Fredlacheffe 5 décembre 2016 at 13 h 11 min Reply

    Bonjour les Bicigrinos (j’adore ce mot !)
    Votre voyage a décidément parfois des airs de grosse galère ! Heureusement que cela n’entame pas votre bonne enthousiasme.
    Vive la pause à Séville et vivement vos photos.

  • CATHERINE G 5 décembre 2016 at 19 h 11 min Reply

    Bonsoir Maelly et Alex,

    Quelle bonne surprise ce matin dans notre boîte à lettres : une carte de Zafra !!!
    Merci beaucoup pour cette pensée. Dans cette petite ville aux influences mauresques, vous étiez alors aux portes de l’Andalousie. Et maintenant, vous y êtes … Quelle chance et beau périple !
    Si vous avez l’occasion, il ne faut pas rater Cordoba et Granada, sans oublier les petits villages blancs disséminés dans la montagne … J’adore …
    Nous vous suivons avec beaucoup d’intérêts et grand plaisir. Nous voyageons grâce à vous. Continuez à nous faire sourire, saliver, rêver et … profitez de cette parenthèse extraordinaire.
    Bonne pause en Andalousie et à très bientôt de vous lire.
    Bises
    Catherine et Alain

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